Après une explosion de l’adoption de la signature électronique au moment de la crise sanitaire, le marché de la signature électronique poursuit sa forte croissance, se structure et voit son environnement concurrentiel se rationaliser.


Généralisation de la signature électronique

Le segment de la signature électronique est le plus dynamique des segments du marché de la digitalisation des processus documentaires et métier. Les solutions de signature électronique, déjà portées par un environnement règlementaire favorable et des technologies matures, ont vu leurs adoptions s’amplifier et s’imposer dans les organisations de toute taille, au sein des différentes directions, face aux confinements et à la limitation des déplacements liés à la pandémie. Bien que largement adopté en 2021, le déploiement de la signature électronique reste partiel dans les organisations, souvent, déployée uniquement dans certaines directions, ou sur certaines offres ou certains parcours. Son adoption devrait ainsi encore se poursuivre.

Tandis que chez certaines grandes entreprises, un mouvement de rationalisation des solutions utilisées devrait apparaitre afin d’uniformiser le choix d’une solution unique pour les différents services et filiales, le taux d’adoption des plus petites entreprises devrait poursuivre son inéluctable progression.

Ainsi, le marché de la signature électronique devrait croitre de plus de 25% en 2022 et atteindre un marché de 191 millions €.

 

Un marché fractionné

De nombreux acteurs profitent de l’engouement pour la signature électronique. Parmi eux :

  • Des leaders ayant une dimension internationale comme Docusign ou Adobe (Adobesign),
  • Des spécialistes de la signature électronique comme Vialink, Universign, Yousign, Lex Persona, Ariadnext (acquis par IDnow),
  • Des grands opérateurs de services externalisés comme Docaposte, Cegedim ou Tessi.

 

Au-delà des solutions de ces leaders, de nombreuses autres complètent ce marché fractionné comme : Eversign (Stack Holdings), Docage (Intuiteo), SignRequest (Box), LiveConsent, Hellosign (DropBox), l’offre i-Parapheur de Libriciel scop, GetAccept, Chambersign, iXSign ou IXParapheur (SRCI), Quicksign, SignNow ou encore Oodrive sign, Connective (Nitro), COSI (Luxtrust), Izisign (Primobox), Signaturit, Woleet Sign, etc.

 

Concentration du marché

Si la crise sanitaire a marqué une croissance fulgurante du nombre d’utilisateurs et des revenus des fournisseurs de solutions de signature électronique, la profusion d’offres se concentre progressivement avec des opérations d’acquisition sur le marché :

  • Box acquiert SignRequest en février 2021 pour intégrer en natif à son offre la technologie de signature électronique ;
  • Sell&Sign est acquis par Oodrive en avril 2021 pour renforcer son offre oodrive_sign ;
  • Le fournisseur allemand de services d’identification Idnow acquiert la société rennaise Ariadnext, solutions d’identité digitale et signature électronique, en juin de la même année ;
  • En novembre 2021, Universign rejoint Signaturit et Ivnosys afin d’offrir en Europe une offre complète en matière de gestion des transactions numériques et de services de confiance ;
  • Le même mois, Docaposte acquiert les activités de signature électronique et de coffre-fort numérique d’Idemia pour son développement européen ;
  • Toujours en novembre, Nitro annonce un accord pour acquérir le fournisseur belge Connective dans le but d’accélérer et d’améliorer ses capacités de signature électronique, d’identité numérique et de flux de travail de documents ;
  • En janvier 2022, Yousign acquiert Canyon, logiciel CLM qui gère le cycle de vie des contrats et dédié aux TPE-PME sur le marché européen.

 

Depuis l’année dernière, le marché se structure ainsi par des acquisitions et voit le nombre de ses acteurs se concentrer.

L’univers concurrentiel de la signature électronique intègre actuellement des spécialistes de la signature électronique ou des généralistes ayant développés la fonctionnalité de la signature électronique mais également des solutions qui intègrent cette brique fonctionnelle et les acteurs de la gestion de l’identité. Si ces derniers restent souvent partenaires des acteurs de la signature électronique, les fonctionnalités connexes de garantie de l’identité pourraient les mener vers des mouvements concurrentiels. A noter que la révision du règlement eIDAS intègrera des services de confiance sur la gestion de la création de signatures et de sceaux électroniques à distance. Ces derniers lèveront les derniers freins au développement de la signature qualifiée à distance.

 

La signature électronique dans le contexte plus large de la digitalisation des processus documentaire et métiers

La signature électronique est entourée d’un carcan normatif lié aux exigences réglementaires eIDAS. Les solutions sont ainsi peu différenciantes du point de vue fonctionnel et potentiellement « interchangeables ». Pour se différencier, les éditeurs doivent ainsi étendre leur offre à des processus documentaires plus large et considérer la signature électronique dans un contexte de processus métier en amont et en aval de la signature. Les éditeurs orientent également leur offre selon la taille des entreprises adressées (avec des solutions packagées), des secteurs verticaux ou des métiers (avec des fonctionnalités adressant un processus plus complet). Beaucoup disposent déjà de fonctionnalités de workflow, certain de gestion de processus (KYC, gestion de contrats, etc. ), de gestion d’identité, etc.

 

Périmètre de la signature électronique

Le périmètre de la signature électronique retenu par Markess inclut :

  • La signature électronique comme procédé technique permettant de lier des signataires identifiés à un document et à son approbation tel, qu’en principe, la signature manuscrite
  • Le cachet électronique, son homologue pour les personnes morales comme moyen de sceller des documents au nom des entreprises et des entités publiques

 

Ce périmètre n’exclut pas de documents, ni d’approches (eIDAS ou RGS).

Des usages multiples existent, notamment :

  • Pour les services commerciaux, dans le cadre d’une relation client ou prospect, sur des contrats de ventes ou location de biens ou de services,
  • Pour les services achat et finance sur les bons de commande, les contrats de sous-traitance, d’approvisionnement, les bons de livraison, les factures …
  • Pour les ressources humaines au travers des contrats de travail, des avenants, …
  • Ou encore contrats de propriété intellectuelle, accords ou engagements de confidentialité

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L’expertise de Markess by Exægis sur la Digitalisation des processus documentaires & métiers :

Markess by exægis développe un programme annuel de recherche dédié à la digitalisation des processus documentaires et métiers. Renseigné à partir de plusieurs centaines d’entretiens par an de décideurs métiers, de DAF, de DG, de DSI, ainsi que de prestataires du marché, ce programme d’études délivre des données sur les besoins et les attentes des décideurs, leurs approches, les enjeux et tendances… Complétées par des sources tierces, ces données alimentent les modèles prévisionnels de marché élaborés et suivis par Markess by Exægis autour de cette thématique.

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Markess by Exaegis est un cabinet d’analystes spécialisé sur les marchés français du numérique. A partir de ses programmes de Recherche, le cabinet accompagne les Directions Métiers dans leur compréhension et évaluation de partenaires numériques, et les Éditeurs de Logiciels et ESN dans leur stratégie de développement.

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